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En 2024, la Belgique a enregistré un total de 108 150 naissances, ce qui représente une baisse de 1,9 % par rapport à 2023. Il s’agit du chiffre le plus bas enregistré dans le pays depuis 1901, après l’année 1942, fortement marquée par les périodes de guerre. Outre le léger rebond de naissance post-Covid en 2021, la récession de natalité et de la fécondité publiée dans un rapport par l’office belge des statistiques , Statbel, ne cesse de baisser et les enjeux sociaux économiques ne cessent d’augmenter.
Depuis de nombreuses années, la fécondité des femmes belges a considérablement diminué. En 2010, le taux de naissances était de 129.173. Soit une différence de 16.3%. Les résultats les plus récents montrent une tendance à la baisse, illustrée par un indice de fécondité conjoncturel (IFC) de 1,44 en 2024, ce qui signifie que le nombre d’enfants par femme serait inférieur à deux. En 2023, ce nombre était estimé à 1,47, avec des écarts nationaux. Autrement dit, le taux d’engagement maternel des femmes de nationalité étrangère est plus grand que celui des femmes Belges.
Certes, tout le pays est touché par cette baisse démographique significative. Cependant il est particulièrement marqué dans les régions bruxelloise et wallonne, avec un IFC de 1,33 et 1,43 respectivement, contre 1,48 pour les Flandres . Cette tendance reflète un choix des Belges d’accueillir leur premier enfant dans la trentaine : 31 ans pour les mères en 2024 et 34 ans pour les pères.
Des inégalités sociales et de genre persistantes
De nos jours, les dépenses liées aux ménages sont une préoccupation majeure pour de nombreuses familles ; logements et crèches coûteux, instabilité économique et pression au travail, en particulier pour les femmes dans la sphère professionnelle.
Selon un article de la RTBF, basé sur des données d’Eurostat et de l’OCDE, le taux d’emploi des femmes chute de 13 points après la naissance d’un enfant, contre seulement un point pour les hommes. Cette tendance est particulièrement marquée chez les femmes peu qualifiées. En effet, elles sont souvent contraintes de travailler à temps partiel ou de prendre un congé maternité, ce qui entraîne une baisse de leurs revenus. À l’inverse les pères se retrouvent souvent moins impactés et financièrement stables. La situation laisse bien souvent la mère contrainte à perdre ses chances de s’épanouir sur le plan professionnel..
Une démographie qui n’est pas à jour
Si les chutes naissances poursuit cette lancée, elle risque d’affecter davantage le marché du travail. Effectivement, avec le manque de naissance et le nombre d’emplois à pouvoir, la pénurie de main-d’œuvre s’aggrave, notamment dans des secteurs essentiels, comme les soins de santé, les services publics ou encore l’enseignement. Ce qui présente notamment une lourde menace pour le système de retraite.
Parallèlement, les maisons de repos font face à un vieillissement accéléré de la population. Or, la pénurie de personnel soignant, elle aussi liée au déclin des naissances, compromet la qualité des soins et la capacité d’accueil de ces établissements.
Un système scolaire impacté
Une autre conséquence de cette baisse de naissance se reflète sur l’enseignement. Ces dix dernières années, le nombre d’élèves dans la Fédration Wallonie-Bruxelles s’élève à 30.000 élèves, une perte considérable qui touche l’enseignement, notamment la réorganisation de classes de manière horizontale ou verticale en vue de la perte d’élèves, mais également la perte de poste d’enseignants.
La Belgique propose un éventail d’aides à la parentalité : primes de naissances, allocations familiales, les congés parentaux, déductions fiscales et bien d’autres sur le plan institutionnel, le pays ne décourage pas les naissances, cependant, les contextes socio-économiques et les inégalités persistantes peuvent freiner les décisions parentales.